Jacky Viallon
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Article sur un livre de nouvelles de Nelly Costecalde « Nouvelles d’outre-temps » aux éditions Lacour, Mars 2013.

vendredi 27 septembre 2013, par Jacky Viallon

Article sur un livre de nouvelles de Nelly Costecalde « Nouvelles d’outre-temps » aux éditions Lacour, Mars 2013.

Il se dégage une belle harmonie entre la facture stylistique qui soutient ces récits légendaires imaginés par l’auteur et la nature de l’environnement qui encadre ces trois nouvelles. L’auteur, Nelly Costecalde, orfèvre des mots nous cisèle au nez et à la barbe de notre imaginaire les détails évocateurs d’une fresque bucolique qui irait chercher quelque part ses couleurs du côté de son enfance. L’action se passe au pays des Causses et des Cévennes. Elle jaillit brusquement, rebondit tel un éboulis de pierre pour nous glisser entre les doigts et partir en cascade vers d’autres images. On s’approche quelque part de l’âme d’un Jean Giono ou d’un Marcel Pagnol tout en sachant que les « artistes » ne supportent pas la comparaison avec d’autres écoles et revendiquent leur propre identité. Ici, exempt de tout entêtement régionaliste, l’auteur rend hommage à sa terre natale. Ces trois nouvelles sont portées par un style qui s’accorde bien avec la belle âpreté du paysage accidenté par ses chemins cassés. L’auteur fait, bon ménage avec ses réminiscences et son imagination. Il s’en échappe quelques distorsions commandées et surtout bien maitrisées par la pudeur formelle de cet écrit qui estampille une véritable personnalité d’écriture. Les bannières et oriflammes du fantasmatique claquent et sonnent le rappel de nos chants ancestraux enfouis dans les ténèbres de « L’affairisme moderne ». A la lecture cet hymne nous charme et nous chante à l’oreille en nous rappelant inconsciemment quelques mythes intimes. Ainsi sommes-nous bien loin d’un caprice régionaliste. Nous sommes invités à suivre l’auteur dans son univers légendaire où se noue et se dénoue un récit cahotant du réel à la fiction. Ces touches imaginaires laissent parfois la place à une sorte de pointillisme qui honore et amuse cette fresque onirique…dilatation de nos propres images. Puisque l’on aborde l’aspect esthétique de l’ouvrage, il serait assez juste de s’attarder sur l’iconographie, création personnelle de l’auteur, matérialisation de sa propre écriture. Quelle en est la facture ? : Mise en horizon de l‘espace…chute abyssale… Cet accompagnement aquarellé nous fait entrer dans le silence de la page, le silence d’une page colorée, laquelle, loin d’être une illustration devient un accompagnement. On entre alors lentement dans l’évocation du graphisme pour se laisser entraîner et s’aventurer dans ces chemins caillouteux. Tel un enfant, on découvre et pressent l’immensité du monde… Aussi au final, ces histoires ne sont-elles jamais fermées ? C’est vaste et panoramique. « Bien sûr … » aux dires d’un autre auteur contemporain « … Quand on était tout petit tout paraissait plus grand. Aujourd’hui, on se dit alors - Tiens, c’est donc ça qui m’a fait rêver ? Est-ce dû au fait que l’on était petit et que tout paraissait plus grand ou est-ce tout simplement parce que l’on regardait d’en bas le monde avec prudence… »

Jacky Viallon, le vingt quatrième cailloux du mois de septembre de l’an treize.

P.-S.

des ennuis encore avec le net je double sur dumont et envoie la photo livre à part sinon onle passe sans merci

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